Month: septembre, 2013

Ce dimanche 22 septembre : journée de clôture exceptionnelle de la Saison 2012-2013

MUSIQUE SACRÉE 

A NOTRE-DAME DE BON VOYAGE

25ème dimanche du Temps Ordinaire

10 heures : Messe en Polyphonie

11 heures 30 : Concert Spirituel

18 heures 30 : L’Heure d’Orgue

Entrée libre

 

Pueri Cantores Luxembourg

Le Choeur & Orchestre du Conservatoire de Luxembourg

Messe à 10 heures et Concert à 11 heures 30

Bach, Mozart, Pachelbel, Haendel

 BIRGITTA FRSMAN

Birgitta Forsman, Kantor de la Cathédrale de Turku (Finlande)

Heure d’Orgue à 18 heures 30

Programme

César Franck (1822-1890)
Deuxième Choral en si mineur
Pastorale

Compositeurs finlandais :

Jonas Kokkonen (1921-1996)
Hääsoitto

Aulis Saalinen (né en 1935)
Chaconne

Erkki Melartin (1875-1937)
Festliches Praeludium

Louis Vierne (1870-1930)
Etoile du Soir
Carillon de Westminster

Critique du cd de Pierre Pincemaille à Notre-Dame de Bon Voyage

Diapason No. 616 (septembre 2013)
Page 105 : les disques de A à Z

Pierre Pincemaille (Né en 1956) Cannes : “Un Festival d’Improvisation”
Programme :
Partita dans le style de Bach, Prélude et variations sur une mélodie populaire, Paraphrase sur “Audi, benigne Conditor”, Symphonie improvisée.
(Orgue Muhleisen de l’église Notre-Dame de Bon Voyage à Cannes)
Ctesibios 065.. 2011. TT : 1h08
Technique : 3/5

Contrairement aux idée reçues, il est impossible d’évaluer un disque d’improvisation à l’aune d’une “ambition qui serait de s’approcher à tous égards de la musique écrite”, comme le suggère Michel Roubinet dans son texte de présentation : retranscrits sur le papier comme on le fait hélas pour le légendaire Pierre Cochereau, dételés exercices ne peuvent qu’avouer les relâchements de leur contrepoint, la pauvreté thématique de leurs développements sur la seule tête du thème, la répétitivité de leurs progressons harmoniques accompagnant des crescendos sur des pédales interminables…

Ce qui compte, ici, ce n’est pas la qualité mais l’illusion de la composition et, de ce passe-passe, Pierre Pincemaille est un maître. La haute voltige est là dans toute sa gloire virtuose avec toutes ses pirouettes obligées : choral en trio, scherzos divers et la variation dans toutes ses déclinaisons ornementales et décoratives, avec prouesses techniques à tous les étages. Ce n’est pas un moindre exploit que celui de se couler dans des styles du passé. Il y en a deux dans ce disque. Le premier, dit “de J.S Bach”, dans le choral varié qui ouvre le récital : on le situerait plutôt quelque part entre Telemann, Krebs et Wilhem-Friedemann Bach, tous corrigés par Michel Chapuis. Beaucoup d’Allemands font aussi cela très bien mais, ici, sans réserve, chapeau ! Le second style, lui, ne souffre que deux courtes parenthèses : une variation néomédiévale en quintes à vide comme les affectionnait Yvonne Desportes ; un fugitif effluve ravélien, sans lendemain, en introduction au final. Ce style qui diffuse à travers le disque ses humeurs de batailles intergalactiques, c’est le style Cochereau devenu, sans mélange, le langage symphonique de Pierre Pincemaille. Impressionnant mimétisme su un gros orgue neuf dont les trente-deux-pieds grommellent à plaisir et en les chamades ne chôment pas.

Paul de Louit

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Ce dimanche 15 septembre : MUSIQUE SACRÉE EN LA PAROISSE SAINT-NICOLAS

24ème dimanche du Temps Ordinaire

11 heures, Chapelle de la Miséricorde : Concert du Marché

Entrée libre

Avec Henri Pourtau, 40 minutes de flânerie musicale

Orgue Pierre-Cochereau construit par Philippe Hartmann (1961)
Restauration Bernard Cogez (2012)


18 heures 30, à Notre-Dame de Bon Voyage :

L’Heure d’Orgue par Charles-Henri Maulini

en remplacement de Catherine Hyvert, actuellement souffrante

 

Programme

Nicolas de Grigny (1672-1703)
Veni creator (Plein Jeu, Fugue à 5, Récit, Duo, Dialogue)

Johann Adam Reinken (1623-1722)
Fugue en sol mineur                                                      

Charles-Henri Maulini (28 ans ce jeudi 12 avril…)
Deux polissonneries

Antoine Calvière (1685-1755)
Pièce d’Orgue

François Couperin (1870-1937)
Offertoire sur les Grands Jeux
extrait de la Messe des Paroisses                                                                      

Entrée libre

Orgue Vignolo 1901 – Pierre Chéron 1963
Reconstruction Mühleisen en 2009

20 heures, Notre-Dame de Bon Voyage : Messe avec orgue

Dimanche prochain 22 septembre :

à 10 heures : Notre-Dame de Bon Voyage : Messe en polyphonie avec le concours des Pueri Cantores de la Cathédrale de Luxembourg.
Choeur et Orchestre sous la direction de Pierre Nimax
Orgue : Paul Breisch, organiste de la cathédrale de Luxembourg

à 11 heures 30 : Concert spirituel par les mêmes interprètes
Bach, Mozart, Pachelbel etc

 à 18 heures 30 : Notre-Dame de Bon Voyage : L’Heure d’Orgue par Birgitta Forsman, kantor de la Cathédrale de Turku (Finlande)

 

 

Décès du Père Jean-Yves Hameline (1931-2013)

Le Père Hameline. Une personnalité du monde de la musique religieuse. Il oeuvra considérablement dans la recherche pour améliorer la musique liturgique durant la difficile période de l’après-concile Vatican II. “Nous chanterons pour Toi, Seigneur”, ce cantique inusable, c’est lui. Avec sagesse, il avait compris quel potentiel énorme pouvait représenter le Choral pour les assemblées de fidèles…. On lui doit également un certain nombre d’études sur des sujets historiques : Ars nova, Chant grégorien etc. Egalement à signaler, un remarquable ouvrage d’anthropologie des rites : “Une poétique du rituel”.

 

Jean-Yves Hameline (1931-2013), le rayonnement d’un serviteur

Prêtre du diocèse de Nantes, professeur honoraire de l’Institut catholique de Paris et ancien collaborateur du Centre national de pastorale liturgique (CNPL, devenu SNPLS), le P. Jean-Yves Hameline est décédé le 27 juillet dernier, à l’âge de 81 ans, et il a été inhumé au Pouliguen, dans sa terre natale.

Il avait enseigné à l’Institut catholique d’Angers avant de poursuivre à Paris, à partir de 1967, une carrière féconde d’enseignant, de chercheur mais aussi d’expert pour les recherches pastorales de l’Eglise de France.

À la fois musicologue, théologien et liturgiste, il était aussi historien et anthropologue des rites. Le 26 mars 1992, il avait reçu les insignes de l’ordre national du Mérite en présence de M. Camille Roy, inspecteur général de l’enseignement musical au ministère de la culture.

L’homme était attachant et conjuguait de multiples qualités : une immense érudition alliée à une puissante réflexion mais en même temps, une grande modestie et une attention vraie aux personnes. Ses anciens étudiants ou collègues, mais aussi ses collaborateurs au CNPL, ont tous fait l’expérience de son ” génie” : il avait un don extraordinaire pour déplacer les questions, en les regardant avec plus de profondeur grâce à des détours parfois étonnants et souvent lumineux, et surtout un refus des simplifications qui font le lit des postures idéologiques. Inclassable, il échappe donc aux étiquettes préfabriquées, celles qui permettent de cataloguer commodément sans chercher à comprendre.

Cet être d’une grande richesse a produit une œuvre complexe qui mériterait d’être mieux connue et reconnue. On peut évoquer en premier lieu sa recherche concernant la musique dans le culte chrétien. Le rayonnement de ses travaux en ce domaine l’a conduit à collaborer comme membre du conseil scientifique de l’Atelier d’étude du Centre de musique baroque de Versailles (CMBV), à participer aux travaux de la Fondation Royaumont ou ceux de l’Academie baroque d’Ambronay.

Il a également été conseiller du programme “Muséfrem” soutenu  par l’Agence nationale de la recherche en vue d’une meilleure connaissance de la musique d’Eglise des 17e & 18e siècles. Sur France-Musique, il intervenait dans des émissions sur la musique religieuse, ou lors de la retransmission de concerts à l’occasion de Noël ou de la Semaine sainte. La musicologie (mais aussi la pratique de la musique) fut son lieu premier, et pour une part, constitue le point d’appui de tout son engagement.

Du côté de la recherche en liturgie, il laisse une œuvre magistrale touchant à l’anthropologie des rites, à l’histoire de la liturgie, à la relation entre les arts et la liturgie, ainsi qu’à la théologie des sacrements et des actes liturgiques. Outre l’enseignement et l’accompagnement des étudiants, sa participation aux conseils de rédaction de revue comme La Maison-Dieu ou Chroniques d’Art sacré ou encore l’animation de nombreuses sessions de pastorale liturgique constituent les aspects les plus visibles d’un service qui s’exprimait avant tout dans la capacité d’entrer en relation et de stimuler la réflexion.

la lecture de ses écrits demande, certes, un véritable effort de patience : l’appel à de multiples dossiers érudits, un cheminement de la pensée quelque peu crypté, un registre verbal toujours en effervescence, et surtout une recherche permanente d’équilibre et de rigueur, rendent complexe l’accès à cette pensée. Mais à travers cette forme toujours exigeante se manifeste une sorte de sagesse spirituelle que désigne une formule de François de Sales qu’il aimait répéter :“Le plus haut point de la vertu, c’est de corriger l’immodération, modérément. “

Au terme du dernier article qu’il a livré à La Maison-Dieu, il écrivit des mots qui résonnent aujourd’hui comme une sorte de testament, mais aussi de programme pour ceux qui veulent travailler à son école : “J’ajouterai, il le faut bien, une petite rhapsodie personnelle, sur un immodeste clavier : aujourd’hui, la question de la survie des communautés chrétiennes et de leurs formes cultuelles, compte non tenu des perspectives encore indécises d’une nouvelle cyber-confessionalité, me semble passer par 1/ l’intégration difficultueuse du courant charismatique-évangélique et ses synaxes* revivalistes** et ferventes, phénomène mondial et de moyenne durée, depuis Wesley et le revivalisme américain, 2/la prise en compte de la crispation identitaire traditionaliste “talibane” ou fondamentaliste, phénomène également mondial, qui n’épargne pas les Églises, et 3/pour en rester à Michel de Certeau, la mystique apophatique***. L‘instauratio liturgica consécutive à Vatican II (comme exercice ordinaire du culte divin (…) erre entre ces pôles distendus.”

Ce fin connaisseur de la tradition spirituelle de l’Ecole française (Bérulle, François de Sales ou Bossuet) nous laisse donc un héritage particulièrement riche pour penser la redoutable question du sacré. Comme anthropologue des rites, Jean-Yves Hameline, qui cultivait un humble respect pour la piété populaire, mesurait la complexité des relations fluctuantes et souvent indécises de l’homme avec le Mystère. Il se refusait par conséquent à mépriser quoi que ce soit de ce qui permet à l’homme d’accéder à ce qu’on désigne par le
Terme “sacré”. Mais le théologien savait que l’ambiance de notre temps tend à donner à ce mot une puissance rhétorique qui cache fréquemment de lourdes ambiguïtés. Préférant l’adjectif au substantif, il cherchait à rendre attentif, plutôt à ce qui se révèle dans le caché qu’à ce qui s’affirme de manière trop démonstrative. Là encore se joue une recherche de sagesse pour notre temps.

F. Patrick Prétot
in La Croix du mardi 17 septembre

NOTES :
* “synaxe” : assemblée de fidèles réunis pour la prière
** “revivalisme” : renouveau spirituel qui caractérise les communautés évangéliste (en d’autres temps, on disait “piétisme“…. qui posa quelques problèmes à J-S Bach…, on vous racontera un jour…)
*** “apophatique” : approche philosophique fondée sur la négation. En dérive, “théologie négative” : insister sur ce que Dieu n’est pas, plus que sur ce que Dieu est.

Pierre Cogen à Notre-Dame de Bon Voyage ce dimanche 8 septembre

Pierre COGEN

Ancien organiste titulaire du Grand-Orgue de la Basilique Sainte-Clotilde de Paris

Musicien français, né à Paris en 1931, Pierre Cogen est initié au chant grégorien, aux polyphonies vocales et à l’accompagnement à l’orgue dans le cadre d’une maîtrise, la « Schola du Petit Séminaire de Paris ». En 1950, il devient élève de Jean Langlais, compositeur et organiste de Sainte Clotilde. Il sera par la suite son collaborateur et plus tard son successeur à Sainte Clotilde.

Ses études générales terminées, Pierre Cogen reçoit une formation musicale complète, tant théorique que pratique, en orgue et improvisation, en pédagogie musicale aussi bien qu’en harmonie, contrepoint et fugue à l’Ecole César Franck et à la Schola Cantorum. Ses maîtres sont Jean Langlais, Édouard Souberbielle, André Fleury, Pierre Cochereau, Jean Lemaire, Raymond Weber, Éliane Chevalier, Yvonne Desportes, etc…

Professeur d’éducation musicale et chant choral, professeur d’orgue et d’improvisation, professeur d’écriture, Pierre Cogen a consacré une part importante de ses activités à l’enseignement et à la direction de chœur.

Organiste liturgique, Pierre Cogen est nommé en 1976 organiste du Grand orgue de la Basilique Sainte Clotilde de Paris, poste qu’il conserve jusqu’à sa retraite, en 1994. Il se rattache ainsi à la tradition musicale de Sainte Clotilde, tradition particulièrement illustrée par César Franck, Charles Tournemire et Jean Langlais.

Organiste concertiste, il a donné de nombreux concerts, tant en France qu’à l’étranger. Il est souvent sollicité pour interpréter les oeuvres de ses prédécesseurs à Sainte-Clotilde ; il leur a aussi consacré plusieurs enregistrements.

Compositeur, son catalogue comporte des oeuvres pour orgue seul ou à 4 mains, pour 2 orgues, pour orgue et cuivres, etc… Certaines sont publiées chez Combre, Paris et chez Universal-Edition, Vienne.